Quand les américains payaient le tribut de capitation "Jizya" "جزية" aux maghrébins

Vingt-cinq ans après leur indépendance du Royaume de la Grande Bretagne en 1776, les Etats-Unis d’Amérique ont lancé leur toute première action militaire d'outre-mer en 1801 contre les Maghrébins ! 

Cette guerre est connue sous le nom de "Première guerre Barbaresque" et a eu lieu sur la côte de ce que l’on nommait à l’époque les "États Barbaresques" (le sultanat indépendant du Maroc et les trois régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli qui étaient des provinces de l'Empire Ottoman).

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Contexte Géo-Politico-Religieux 

Au 18e siècle, des pays Européens se voyaient dans l’obligation de payer un tribut (ou Jizya "جزية") aux "États Barbaresques" pour protéger leurs intérêts commerciaux sous peine de voir leurs navires attaqués en Méditerranée par des pirates envoyés par les gouverneurs des États barbaresques. En effet, quiconque, à cette époque, voyageait en Méditerranée faisait face à la perspective réelle d’être capturé par les corsaires maghrébins et emmenés dans les villes pour être vendu comme esclave. Ce tribut payé par les chrétiens avait une justification religieuse aux yeux des musulmans comme nous allons le voir plus bas

Après l'indépendance des États-Unis, la marine marchande américaine n'était plus protégée par la marine britannique. Ainsi, les navires américains n'avaient plus aucune protection contre les pirates et la jeune nation n'avait pas les fonds pour payer la "Jizya" annuelle réclamée par les États Barbaresques.

La lettre de Jefferson et Adams

En 1786, Thomas Jefferson et John Adams, alors ambassadeurs américains auprès de la France et de l’Angleterre, rencontrèrent l’ambassadeur des États Barbaresques Sidi Haji Abdul Rahman Adja à Londres. Ces deux futurs présidents essayaient de négocier un traité de paix qui épargnerait aux Etats-Unis les dégâts de la piraterie "barbaresque". Le détail de ces discussions est consultable dans la lettre envoyée par T. Jefferson et J. Adams à leur Secrétaire des Affaires étrangères John Jay (lire la LETTRE).

Et voici des extraits de cette lettre traduits en Français :

"Peu de temps après l'arrivée de M. J [Jefferson] à Londres, nous avons eu un entretien avec l'ambassadeur de Tripoli, chez lui.[...]. Nous cherchions des informations pour une paix perpétuelle qui soit, à tous égards, la plus recommandable, parce qu'un traité temporaire laisserait la place pour des demandes croissantes à chaque renouvellement [...]. 

30.000 Guinées pour ses employeurs et £ 3.000 pour lui étaient le minimum qu'il pouvait accepter pour un accord de paix, et cela devait être payé en espèces à la réception du traité signé par son souverain. Tunis traiterait dans les mêmes termes, mais il ne pouvait pas répondre pour Alger ou pour le Maroc.[...]

Nous avons cherché à comprendre les motifs de leurs prétentions à faire la guerre aux nations qui ne leur avaient fait aucun mal et nous avons fait remarquer que nous considérions les Hommes qui ne nous avaient pas fait de mal ni provoqué comme nos amis. [...].

L'ambassadeur nous a répondu que ceci [faire payer la Jizya] était fondé sur les Lois de leur Prophète, que c'est écrit dans leur Coran, que toutes les nations qui n'auraient pas reconnu leur autorité étaient des pécheurs (coupables), c'était leur droit et leur devoir de leur faire la guerre là où ils les trouvaient ainsi qu'avoir des esclaves parmi tout ce qu'ils pouvaient capturer comme prisonniers, que chaque Musulman qui serait tué au combat était sûr d'aller au Paradis."

Thomas Jefferson et John Adams

Thomas Jefferson et John Adams

L’ambassadeur des états barbaresques faisait référence à :

[Sourate Tawba9:29] : "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation (Jizya) par leurs propres mains, en état d'humiliation."

La déclaration de guerre

Lorsque Thomas Jefferson devient président des États-Unis en 1801, il refuse de payer la Jizya et envoie une flotte navale en Méditerranée. Cette dernière bombarde les différentes villes fortifiées de la côte barbaresque. 

Suite au traité signé en juin 1805, les États-Unis sont libérés de l’obligation de payer la Jizya ! 

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